L'Art du Cinéma

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L'ART DU CINEMA est une revue qui n’entend pas suivre l’actualité d’un point de vue critique.
Elle est organisée autour de thèmes directeurs, à propos desquels sont convoqués des films de toutes époques. Il n’y a pas, à nos yeux, de « vieux » films, il n’y a que des œuvres sans âge. Notre propos est en effet de considérer les films comme des œuvres d’art, c’est-à-dire des formes de pensée autonome et singulière.
Dans cette optique, nous parlons exclusivement de films que nous aimons, et dont nous supposons qu’ils pensent, pour tenter d’y saisir cette pensée à l’œuvre à travers les idées-cinéma qu’ils créent. Notre travail est collectif, en ce qui concerne le choix des thèmes, la discussion des films et les projets d’articles, qui sont ensuite écrits et signés individuellement.

Sommaire

L’égalité, seuil de la liberté Les bas-fonds C’est à la pièce éponyme de Maxime Gorki – créée en 1902 au Théâtre d’Art de Moscou par Stanislavski – que le film emprunte sa principale matière. Un baron (Louis Jouvet), ruiné et déchu de son rang, et le voleur Pépel (Jean Gabin) se rencontrent lors du cambriolage qu’il est venu commettre dans l’hôtel particulier que le baron habite. Aussi inattendu que ce soit, les deux sympathisent fraternellement. Ils se re- trouvent plus tard dans l’asile de l’oppressif Kostileff (Vladimir Sokoloff) où le baron s’ajoute aux miséreux. Sa rencontre avec le baron a marqué Pépel, qui finit par ne plus voir que l’arbitraire de sa situation misérable. Alors, il se dépasse pour partir avec Natacha (Junie Astor), n’évitant pas au passage le meurtre de Kostileff dont les résidents de l’asile s’accusent collectivement. Aussi, Pépel sort vite de prison et prend les grands chemins avec Natacha.
Une guerre se prépare - Menaces À Paris en septembre 1938, quelques jours avant les Accords de Munich, un hôtel où se mêlent Français et exilés vit l’angoisse de l’avant-guerre. Denise (Mireille Balin) y a des relations amicales avec M. Hoffman (Erich Von Stroheim), vétéran autrichien défiguré de la Grande Guerre de 1914. Vendeuse de mode, Denise partage son temps avec insouciance entre Mrs. Brendt (Vanda Gréville), riche cliente américaine, et Dick Stone (John Loder), son fiancé londonien. L’heure est à la mobilisation, aux départs. Dans l’attente de la venue de Dick, Denise affronte l’obsession amoureuse de Louis (Jean Galland), un artiste-peintre. Empathique, elle l’accompagne à sa conscription mais refuse ses avances. Arrivé à l’hôtel, Dick croit à une trahison et repart. Rattrapé in extremis, il se marie avec Denise. Munich proclame la paix. Hoffman, qui n’y croit pas, se suicide. Sa vision était juste : la paix vole en éclats en septembre 1939 quand Hitler envahit la Pologne. L’hôtel connaîtra l’Occupation et la réquisition mais vivra enfin la libération de Paris.
Les vacances de Monsieur Hulot Les vacances de Monsieur Hulot met en scène la première itération du héros aussi maladroit qu’observateur qui fera la célébrité de Jacques Tati. Le personnage à la pipe et à la casquette, s’il sait déjà faire place à l’incongruité du monde qui l’entoure, ne s’efface pas encore totalement à son profit – comme plus tard dans Playtime (1967) par exemple.
La vérité ne se dit pas toute - Lola Montès Roulements de tambours, lever de rideaux. Monsieur Loyal (Peter Ustinov) s’avance sur la piste et de sa forte voix annonce : « Et maintenant Mesdames et Messieurs, l’attraction que vous attendez, le numéro le plus sensationnel du siècle ! » – le spectacle de la vie de Lola Montès (Martine Carol). Viennent se tisser, autour du fil rouge que constitue ce numéro de cirque, des scènes de souvenirs qui surgissent et envahissent Lola au gré des évocations de moments de sa vie – sa romance avec Franz Liszt, son voyage en bateau de l’Inde en Europe, son histoire d’amour avec le roi Louis 1er de Bavière...
La cité de l’indicible peur - Jean-Pierre Mocky L’inspecteur Triquet (Bourvil), relégué à une occupation bénigne – l’étude des graffitis sur la police –contribue involontairement à démasquer un faux-monnayeur, assassin recherché, et l’entraîne ainsi à l’échafaud. Mais l’exécution rate et Mickey le Bénédictin s’échappe. Triquet soulagé n’aura de cesse de le retrouver, ce afin de l’empêcher de commettre un nouveau crime, parce qu’il ne peut plus être condamné à mort pour ses méfaits déjà jugés. Dans un souci bien différent l’inspecteur Virgus (Marcel Pérès), ira le traquer à Tourlieu, tandis que Triquet descend à Barges – au centre de la France, où le secret vite éventé de la présence d’un ‘Inspecteur de Paris’ va semer des peurs plus intimes – indicibles – dans la vie de chacun que la terreur partagée pour une Bête légendaire réapparue dans le village, la Bargeasque.
La place d’une autre - Aurelia Georges Une jeune femme, Nélie Laborde (Lyna Khoudri), s’engage comme infirmière pendant la Première Guerre Mondiale. Sur le front, elle rencontre Rose Juillet (Maud Wyler), orpheline en route pour Nancy où elle compte se faire embaucher comme lectrice par une amie de son père, Éléonore de Lengwil. Atteinte par un éclat d’obus, Rose semble morte ; Nélie décide de prendre son identité et se rend chez Éléonore (Sabine Azéma) qui se prend d’affection pour elle. Mais Rose réapparaît et réclame ses droits ; toutefois, personne ne la croit et elle est enfermée dans un asile d’aliénés. Touchée par le remords, Nélie finit par avouer sa supercherie à Éléonore, qui décide cependant de la garder auprès d’elle : elle éloigne Rose en achetant son silence, et propose même à Nélie de l’adopter.
Construire un pays dans la guerre, faire advenir du sujet dans la folie - Les heures heureuses Martine Deyres a découvert dans l’hôpital psychiatrique de Saint Alban en Lozère des bobines de films tournés dans ce lieu à partir de 1940. Par son montage elle crée ce film singulier retraçant son histoire. Au cœur du film est l’arrivée du psychiatre catalan, François Tosquelles, refugié de la guerre d’Espagne. Il a déjà dans son pays une longue et riche expérience de pratique de la psychiatrie et de la politique avant et pendant la guerre, mais aussi dans le camp de Septfonds auprès d’autres réfugiés. Il va transformer l’hôpital, inventant avec ses collaborateurs une nouvelle manière de travailler avec les malades, appelée plus tard « psychothérapie institutionnelle ». On nous montrera l’hôpital avant Tosquelles, son arrivée, l’arrivée d’autres psychiatres, des proscrits de la Deuxième Guerre Mondiale, de nouveaux malades qui n’ont plus de refuge, des intellectuels, des artistes ; la création de nombreux ateliers, d’un journal, d’une école pour les infirmiers en psychiatrie, de l’hôpital et de l’école pour les enfants malades. Il s’agit d’un film extrêmement dense, qui ne dure qu’un peu plus d’une heure, mais dont on apprend énormément.

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